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La maison
Une maison de 1893, un feu, et les gens qui le tiennent
La maison victorienne du 13, rue Court, à Granby, a été acquise en décembre 2016 par Kevin Proulx et John Proulx — Immeuble Provek — et rénovée de fond en comble, intérieur comme extérieur, avec la designer Marie-Pier Morissette : révéler l’âme du lieu sans en trahir l’époque. Boiseries sombres, cheminée au miroir doré, bar lumineux, et un comptoir du chef ouvert sur les flammes.
Le 17 juin 2017, Brian Proulx y ouvre Maison Boire, avec le feu au milieu de la salle dès le premier soir. Il a 25 ans. Neuf ans plus tard, le même feu de bois d’érable brûle quatre soirs par semaine. Cette page présente ceux qui le tiennent — le chef-propriétaire, la copropriétaire, les sous-chefs — et la maison elle-même, pièce par pièce.
Brian Proulx, chef-propriétaire
Chef-propriétaire
Brian Proulx
Brian Proulx travaille en restauration depuis l’âge de 14 ans. Diplômé en gestion hôtelière internationale, il s’est formé dans des maisons Relais & Châteaux : maître d’hôtel et sommelier au Manoir Hovey, sur le lac Massawippi, puis assistant commercial à la Bastide Saint-Antoine, à Grasse. C’est en salle, et du côté du vin, qu’il a appris ce que veut dire recevoir — avant d’ouvrir la sienne.
Le 17 juin 2017, à 25 ans, il ouvre Maison Boire dans une maison victorienne de 1893, avec un feu de bois d’érable au milieu de la salle dès le premier soir. La structure de pierre du foyer a été dessinée cette année-là, pour ça ; les grils ont été commissionnés à une usine de machinage. La grille, elle, appartenait à sa grand-mère. Elle est en service quatre soirs par semaine.
La cuisson sur braise est, pour lui, la plus difficile à maîtriser en restaurant, précisément parce qu’il n’y a pas de réglage. Il l’a choisie quand même, et il a bâti autour d’elle une maison qui produit : des jardins, une serre, des ruches, un poulailler, un atelier de poterie, et dix-sept fournisseurs cartographiés avec leur distance. Cette démarche vaut à Maison Boire la certification LEAF niveau 3 en 2019, deux ans après l’ouverture ; le grand prix « Initiative en tourisme durable » du Prix excellence tourisme, le 14 novembre 2019 — le premier prix reçu par la maison ; le premier rang canadien du programme LEAF, remis à Brian Proulx au Restaurants Canada Show de Toronto en mars 2020 ; puis le Prix restaurateur de l’année d’Aliments du Québec au menu, au congrès de l’ARQ, le 16 novembre 2021.
En 2025, le Guide MICHELIN publie sa première édition québécoise et retient Maison Boire dans sa sélection. En 2026, la maison est reconduite. Les plaques sont sur le perron ; le reste est à table.
« Il n’y a que le café qui n’est pas local. »
« La dynamique en cuisine, le calme et l’efficacité en plein rush, et bien sûr les flammes qui cuisent. C’est un souper spectacle ; littéralement. »
Copropriétaire
Rizlane Abdessamad
En janvier 2024, l’artiste photographe Rizlane Abdessamad devient copropriétaire de Maison Boire, aux côtés de Brian Proulx. Ses œuvres — des tableaux-photographiques éthérés, en longue exposition, où le corps devient lumière — transforment les murs en galerie. Elle a présenté ici sa première exposition solo, sur trois étages.
Depuis, les murs changent avec les saisons, comme la carte. Elle est aussi derrière l’objectif de plusieurs des photographies de ce site : le feu, la brigade, les plaques sur le perron, les assiettes. Et en salle, c’est souvent elle que les invités nomment dans leurs avis.
Chef Brian Proulx · Sous-chef Victorien Zemgue · Entremétier Maximiliano Guerrero Salazar. Le comptoir du chef, écrit la page du menu, « c’est la place à demander pour qui vient d’abord pour la cuisine : le chef et les sous-chefs sont à deux mètres. »
Victorien Zemgue
Sous-chef
Au passe, devant la grille en flammes — ou au jardin, les mains dans les tomates.
Maximiliano Guerrero Salazar
Entremétier
Nouvellement arrivé dans la brigade.
Le lieu
La maison, pièce par pièce
Une salle de 48 places au rez-de-chaussée, 30 places en terrasse l’été, sous les arbres, au milieu des bacs du potager, et 36 au salon privé, à l’étage. Et, derrière, au-dessus et en haut, ce qui fait de Maison Boire une maison qui produit.
Le feu
Il y a, au milieu de la salle, derrière le comptoir du chef, un feu de bois d’érable. Il est allumé avant le service et il travaille jusqu’à la fermeture. Le bois vient d’un fermier d’Ange-Gardien, à 24 km : quarante cordes par année, un cinquième de corde par soir. On ne cuit pas dans les flammes, on cuit après — sur un lit de braises que quelqu’un entretient toute la soirée.
Quelques places font face à la braise, de l’autre côté du passe. On y voit la grille se charger, les pièces tourner, les assiettes se monter, et l’on entend le bois travailler. C’est la meilleure place de la salle, et il y en a peu : demandez-la à la réservation. Le chef et les sous-chefs sont à deux mètres.
Derrière ses portes de verre, au cœur de la salle, le cellier veille sur des importations privées. Les bouteilles vont de 50 $ à 12 000 $. La carte des vins n’est pas publiée en ligne, et c’est un choix : elle se lit à table, telle qu’elle est ce soir-là. Dites-nous votre budget ; le sommelier fait le reste.
Derrière et au-dessus du 13, rue Court : des rangs en pleine terre, des bacs sur la terrasse, une serre qui prend les semis de vitesse au printemps et étire la saison jusqu’en octobre, et des tours de culture verticale d’où l’on coupe les verdures le jour même. Les zinnias, la bourrache et les capucines qui garnissent les assiettes poussent à trois mètres de la cuisine. Le jardin sur le toit récupère la chaleur du gril.
Quelques poules, très surveillées. De la cabane à la cuisine, leurs œufs parcourent une dizaine de mètres. Le miel des ruches finit sur les desserts et dans les cocktails du bar ; quand nos ruches ne suffisent pas à la saison, le miel de Sainte-Cécile-de-Milton prend le relais. Fines herbes, ail, piments, tomates, miel : entre la cueillette et l’assiette, il y a un escalier.
Maison Boire a son atelier de poterie, en haut. Le grès qui porte le service est tourné et émaillé à la main : aucune assiette n’est tout à fait la même que sa voisine. L’atelier donne des cours l’été et accueille la relève. Et Maison Boire expose : les murs changent avec les saisons, comme la carte — une murale de Zoé Boivin dès 2018, les impressions sur acier de Nicolas Ruel, les photographies de Richard Bernardin et de Rizlane Abdessamad.
Les jardins sont derrière, la serre au fond, l’atelier en haut. Sur rendez-vous, en début de service, nous faisons visiter : info@maisonboire.com.
L’équipe
Travailler ici
Quatre soirs par semaine, du mercredi au samedi, le même feu et la même exigence, que la salle soit pleine ou non. Fermé le dimanche, le lundi et le mardi ; la seule fermeture de l’année est la semaine de Noël. Le feu est monté avant le service et entretenu toute la soirée, et en juillet, derrière le comptoir, il fait ce qu’il fait. C’est une maison, pas un protocole.
Si vous voulez en faire partie, en cuisine ou en salle, la page Travailler ici dit comment nous rencontrer. On peut aussi nous écrire à info@maisonboire.com, ou venir porter son CV en personne, au 13, rue Court.
Texte de Maison Boire, 13, rue Court, Granby (Québec). Les faits de cette page sont ceux de l’espace presse et des pages du site ; rien n’y est ajouté.